Accueil Innovation Zoom sur l’œil bionique Argus II , qui ouvre des nouvelles vie au malvoyants .

Zoom sur l’œil bionique Argus II , qui ouvre des nouvelles vie au malvoyants .
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“Je ne suis pas un cyborg”

En effet Charlotte , malvoyante a été l’une des premières patientes à bénéficier de l’Argus II , un oeil bionique révolutionnaire .

Elle nous raconte comment cette technologie a changé sa vie .

19 patients en France ont d’ores et déjà bénéficié de l’œil bionique Argus II, intégralement remboursé par la Sécurité sociale.

Cela fait une vingtaine d’années que Charlotte, une Toulousaine de 32 ans, est atteinte d’une rétinite pigmentaire, une dégénérescence des cellules de la rétine qui entraîne peu à peu la perte de la vue. Elle s’est habituée à ne voir qu’un filtre blanc le jour, un autre noir la nuit, le tout accompagné d’une multitude de points lumineux (scientifiquement nommés “phosphènes”). Mais un coup de fil du CHU de Bordeaux en 2015 va tout changer : “On m’a proposé un système de prothèse rétinienne appelé Argus II, et j’ai refusé car malgré ce que l’on pourrait penser, je vivais très bien comme cela”, nous raconte-t-elle. “Puis j’en ai discuté avec mes proches et j’ai finalement accepté”. Charlotte a failli de nouveau faire marche arrière quelques jours avant l’opération, redoutant l’anesthésie générale pendant 4 heures et demie. “J’avais peur de ne jamais me réveiller”, confie-t-elle.

Charlotte fait partie des tous premiers patients qui ont bénéficié en France de l’Argus II, un œil bionique développé par le laboratoire Second Sight et réservé aux adules souffrant d’une rétinite pigmentaire. Avant elle, pas moins de 130 patients avaient été implantés dans le monde. Intégralement remboursé par la Sécurité sociale dans l’Hexagone, le dispositif a d’ores et déjà été implanté chez 19 patients et “15 peuvent encore en bénéficier”, nous précise le laboratoire.

Son témoignage :

“Quand on ne voit plus depuis 20 ans, on oublie même que les miroirs existent”
Charlotte se souvient très bien de son réveil après l’opération. “Je voyais la même chose que d’habitude, mais en enfilant les lunettes, ma vision est soudainement passée en noir et blanc, j’ai vu de multiples contours et formes que je n’ai pas su identifier”, raconte-t-elle. Il serait faux de croire que l’implant rende la vue comme par magie : il donne une vision en noir et blanc très pixelisée de son environnement, permettant de distinguer des formes, comme une silhouette, une porte, un vase posé sur une table… Que les patients apprennent à reconnaître lors d’une longue rééducation visuelle. “Quinze jours après l’opération, les médecins règlent les 60 électrodes de la prothèse rétinienne (voir encadré ci-dessous) selon notre vue, pour que l’éclairage soit optimal, puis un orthoptiste nous apprend à utiliser le dispositif en intérieur durant trois mois.” La caméra inclue dans le dispositif filme en face de soi avec un angle réduit, il est donc nécessaire de bouger la tête pour distinguer la hauteur et la largeur d’une porte ou d’une silhouette. “Un jour, je pensais voir une silhouette derrière une porte vitrée, quand le médecin m’a indiqué qu’il s’agissait d’un miroir, confie-t-elle. Quand on ne voit plus depuis 20 ans, on oublie même que les miroirs existent.”

Comment ça marche ?

L’Argus II se compose de lunettes intégrant une caméra vidéo miniature, à 3 millions de pixels, servant à capturer les images. La vidéo est ensuite envoyée vers un petit boîtier fixé à la ceinture du patient. Les données sont traitées et renvoyées vers un émetteur en forme de disque plat, fixé sur la branche droite des lunettes. Elles sont alors transmises à la prothèse rétinienne à proprement parler qui est directement fixée à l’œil du patient lors d’une intervention chirurgicale. C’est via les 60 électrodes de cette prothèse que le nerf optique situé à l’arrière de la rétine va être stimulé, permettant ainsi au patient de percevoir de nouvelles informations visuelles. En effet, l’implant rétinien génère une stimulation électrique qui permet de contourner les cellules rétiniennes défectueuses pour stimuler celles encore viables. Ces informations créent la perception de formes lumineuses que le patient doit ensuite apprendre à réinterpréter.

 

 

Trois mois d’apprentissage dans la rue

Vient ensuite l’entraînement à l’extérieur, donné par une instructrice en locomotion. Durant trois mois, elle apprend au patient à distinguer les passages piétons, formes des poteaux et autres obstacles que l’on peut rencontrer dans la rue. Six mois après son opération, Charlotte était donc autonome (voir vidéo ci-dessous). “Je peux désormais détecter les fenêtres et toits des maisons, les arbres quand je suis à cheval, et deviner la couleur des pommes selon les nuances de gris”, explique-t-elle, l’air enjoué. Mais la batterie du boîtier ne possède que 3 ou 4 d’heures d’autonomie. “Cela reste suffisant car le système demande beaucoup de concentration et de vigilance”, précise Charlotte. Sans compter qu’il lui faut – presque constamment – bouger sa tête pour se repérer…

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