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Les Transports d’Alice Topor : une histoire illustrée qui nous fait grandir.
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Embarquons dans l’univers illustré de Rolland Topor. À travers une adaptation sensorielle de Alice Au Pays des Merveilles de Lewis Caroll, une troupe nous promène dans l’univers un brin déganté ou alors déluré de Topor avec la pièce “Les Transports d’Alice Topor.” Rencontre avec la metteuse en scène Hélène Grosso et la comédienne Maeva Peillon.

C’est dans un petit théâtre du 3e arrondissement de Lyon que nous a donné rendez-vous la troupe de Théatre Labo&Ludus. Une compagnie qui présente cette semaine l’oeuvre de Roland Topor “Alice au pays des lettres” dans une version adaptée au théâtre appelé pour l’occasion “Les Transports d’Alice Topor”. Fruit d’une année de travail de recherche et de création, continuer l’oeuvre de l’artiste représente un challenge pour Hélène Grosso. Elle nous explique.

Alice au pays des lettres

Pour la petite histoire, Alice Au Pays des lettres a été écrite par Roland Topor et a paru aux éditions du seuil en 1968. En hommage à Lewis Caroll avec son chef d’oeuvre Alice au pays des Merveilles (Les lettres de l’alphabet s’éveillent du livre sur lequel elles sont couchées et le spectacle commence… Il dégénère rapidement en bataille entre la syntaxe et la grammaire et les lettres qui se révoltent(1865), le sulfureux Roland Topor reprend le personnage de Alice et le transpose à son univers. Très imagé; il y relate d’une fille prise dans un combat mené par les lettres de l’alphabet qui se révoltent contre leurs deux ennemis jurés : la syntaxe et la Grammaire, représenté comme le roi et la reine de coeur chez Caroll.

Les lettres de l’alphabet s’éveillent du livre sur lequel elles sont couchées et le spectacle commence… Il dégénère rapidement en bataille entre la syntaxe et la grammaire et les lettres qui se révoltent

Nous transportons le spectateur à travers une aventure sensorielle et immersive. On place l’audience au centre de l’oeuvre de Topor en utilisant le texte, les illustrations et les sons. Nous voulons transporter le spectateur dans un voyage à travers cette narration sensorielle.

Une Alice revisitée

Contrairement à ce que nous pourrions penser, cette jeune fille sur scène n’est pas Alice. Elle va s’identifier à elle, s’embarquer dans l’univers fantasmagorique de Alice, et va laisser son imaginaire prendre le pas. Sa manière à elle de s’évader c’est ça. Ses peluches, ses oiseaux… C’est en lien avec Alice au pays des lettres, un écho avec le roman où elle rencontre les lettres et cet alphabet. Prenant place dans les années 70, cette histoire va permettre à la jeune fille de développer sur scène ses problématiques, laisser libre court à son imagination et va lui permettre de dérouler son histoire qui oscille entre monde réel et monde imaginaire.

Roland Topor, un artiste, un vrai.

Topor est réputé comme quelqu’un de très ouvert. Tantôt adulé, tantôt décrié, ce personnage haut en couleur ne laisse pas indifférent. Soit on aime, soit on déteste, Topor à vraiment explorer tous les sujets de la vie quotidienne. Toujours dans la recherche de nouveautés et de création originale, il à réussit l’exploit de décrocher un prix au Festival de Cannes grâce à son film “La Planete Sauvage” qui sera considéré dans l’histoire comme le premier dessin animé de science friction. C’est en clin d’oeil à cette création que Hélène Grosso a glissée dans sa pièce des extraits de ce dessin animé, ainsi que des musiques utilisées durant la pièce. Il sera également primé par l’ORTF pour sa saga Téléchat. Ses oeuvres vont de la peinture au dessin en passant par la poésie ou le cinéma …

Ce vivier d’oeuvre va nous permettre de piocher dans tel ou tel endroit pour nous inspirer et faire notre réalisation.

réplique Maeva Peillon.

Hélène Grosso à gauche et Maeva Peillon à droite.
Hélène Grosso à gauche et Maeva Peillon à droite.

Une scénographie épurée bourrée de clin d’œil.

Dans sa pièce Grosso à épurer au maximum le décor. En y gardant juste un châssis avec une toile de cinéma tendue ainsi qu’un rideau à Jardin (gauche) et un portemanteau bien garni à cour (droite), ce décor pourrait paraitre léger. Et pourtant … Ne serait-ce que la toile blanche évoque déjà beaucoup de choses. Cet écran nous fait penser au cinéma, à la page d’un livre sur laquelle l’héroïne écrit oui bien encore à un mûr qui la sépare de sa mère qui se trouve de l’autre côté. La porte, quant à elle représente le passage entre les deux mondes. De l’imaginaire au réel il n’y a qu’un pas, cette expression illustre très bien ce que la metteuse en scène à voulu mettre en avant.

Deux versions pour un spectacle

Même si le spectacle proposé est destiné à un public large dés le plus jeune âge, il existe également une version adulte. Même si la version adulte est plus longue, la différence réside surtout dans le contenu. Topor pouvait être assez cru dans ses œuvres, voire même assez provocant. Les œuvres projetés dans cette version pourrait porte à réfléchir sur des visions plus matures ou plus politisées … Nous pourrions prendre comme exemple une affiche pour Amnesty International. Tant de chose qui n’intéresserait pas nos jeunes têtes blondes. La version jeunesse dure 55 minutes tandis que sa version adaptée à un public adulte durera un peu plus d’une heure.

Qu’on soit gamin ou qu’on soit adulte, la mission de cette histoire illustrée est de nous faire grandir. Quand on lit un bon livre, ça nous fait quelque chose.

Explique Hélène Grosso.

Comment transposer l’univers graphique de Roland Topor

Topor était bien connu pour ses desseins et ses affiches. Un univers qui nécessitait une adaptation du support pour le faire ressentir dans cette pièce sensorielle qui doit, dans l’essence, transporter le spectateur. Un choix très judicieux à été d’utiliser les ombres chinoises. Ajouté à cela une projection vidéo et nous voici transportés dans un autre monde. On nous a rappelé qu’au-delà du dessin ou du graphisme, Topor veut faire passer un message.

Après avoir reçu l’accord de Maéva pour tenir le rôle de la jeune fille, Hélène nous confie qu’elle a écrit l’histoire pour raconter l’histoire de ce personnage qui s’émancipe, qui vivait un peu soumis sans le savoir puis qui se libère par la suite. Une fois ce constat construit, la mise en scène se développe et la metteuse en scène fait intervenir les sons pour faire valoir ses états d’âme, ses envies, ses émotions. Le tout formant une histoire qui se rapproche de Alice au pays des lettres avec quelques passages piqués par-ci pars là dans les oeuvres de Topor, par exemple dans “princesse angine” ou les répliques d’humour noir se retrouve dans la version adulte, comme la cruelle maxime: “Tient il y a un bébé cloué à la porte […] maman. Alors ne frappe pas chérie. Il vaut mieux sonner.”

Le chien. Photo © Mars Tial
Le chien. Photo © Mars Tial

Une pièce de “théâtre immersive”

N’en déplaise au TNG de Lyon, à l’IREP aussi on fait du théâtre immersif. Cette autre façon appréhender une oeuvre, offre la possibilité au spectateur de se plonger dans l’ambiance grâce à l’utilisatation de tous les sens.

Comme l’indique Hypothese, Marcel Freydefont fait remonter l’apparition du mot « immersif » aux années 90, et le relie à l’utilisation des nouvelles technologies. Mais il existe des dispositifs plus anciens que l’on peut qualifier a posteriori d’immersifs, au sein desquels la place du spectateur est interrogée. De plus, les dispositifs immersifs peuvent être artisanaux, comme dans le spectacle Bucchettino par la Societas Raffaello Sanzio. Dans une grande boîte en bois, les spectateurs sont invités à entrer pour l’histoire du soir et à se glisser dans des lits. Un environnement sonore donne l’impression d’être dans le monde raconté. Pour Céline Le Roux, « le théâtre immersif fonctionne pour les plus jeunes parce qu’il permet de faire l’expérience du spectacle par le sensible, le sensoriel ».

Dans le cas des transports d’Alice Topor, le spectateur est plongé dans un voyage sensoriel ou il expérimente l’oeuvre graphique de Topor à travers son, vidéo, images, récit et ombres chinoises. Un cocktail qui promet au visiteur d’être remis en question et de s’évader dans l’univers graphique fantasmagorique et ludique de Alice Topor.

Quels sont les projets pour Alice Topor ?

L’objectif de cette création est de la faire tourner et de faire connaitre l’oeuvre de Topor au plus grand nombre. L’objectif de cette pièce est aussi de montrer l’histoire de cette héroïne triste qui retrouve sa joie de vivre. Cette histoire est un peu celle de chacun de nous. On peut toujours remonter la pente après une situation triste. La culture peut nous y aider et c’est ce message qui mérite d’être véhiculé.

Une bonne idée de sortie en cette semaine de rentrée. Un travail salué par le fils de Roland Topor, Nicolas. qui doit valoir le déplacement. Bravo à eux.

Un petit point sur Labo & Ludus

Crée il y a 20 ans, Labo&Ludus est une association qui a comme objectif de fédérer les acteurs de la culture en proposant des rencontres entre pros et amateurs du théâtre. Fidèle au nom qui se compose des mots “Travail” et de “Ludique”, l’association à organisé par exemple des soirées “extravagantes” sur le thème du cinéma ou les amateurs et les pros ont joué des scènes de films, le temps d’une soirée festive.

Pas mal de travail a été fait à l’hôpital aussi ou des patients atteins de handicap mental ont pu se dynamiser le corps et l’esprit par le biais de la culture en faisant des petits ateliers sensoriels qui semblerait-il ont fait leur petit effet. La 5e création de la compagnie la lance sur le chemin du travail sonore, lignée ou s’inscrit notre spectacle. L’association met l’accent sur le facteur de développement personnel et d’épanouissement collectif, l’action culturelle apporte un regard sur le monde et sur l’homme, audacieux, tendre, engagé, c’est selon.

Ça se passe à l’IREP

Depuis 1985, un petit théâtre se crée une place dans le tissu lyonnais. Lieu de rencontre entre pros et amateurs, c’est là-bas que va se dérouler la pièce de Théatre “Les Transports d’Alice Topor. Dans le quartier des Maisons Neuve, l’IREP revendique accueillir 40 000 visiteurs par an grâce à une quinzaine de créations. Le théâtre organise également des ateliers ou des amateurs peuvent profiter d’un cadre idéal pour se faire la main aux métiers du théâtre. Ce petit théâtre fait partie de la liste des perles cachées de la culture des grandes villes. Si vous en connaissez d’autres, écrivez-nous 😉

Plus de détails sur Les Transports d’Alice Topor :

Version jeunesse : Les transports d’Alice Topor  TOUT PUBLIC dès 8 ans

  • Mercredi 13 à 16h
  • Samedi 16 à 18h
  • Dimanche 17 à 17h

Version adulte : Alice Topor

  • Jeudi 14 à 20h30
  • vendredi 15 à 20h30

A l’IREPScènes

  • 4 rue Paul Péchoux à Villeurbanne
  • Résa : 04 78 53 04 06
  • Rens : laboetludus@free.fr  – 09 53 89 69 26 http://laboetludus.free.fr/
  • Tarif unique : 10 Euros

L'affiche du spectacle
L’affiche du spectacle

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