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Première en france : Une réimplantation des deux bras après un accident.
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UN ARTICLE PARLANT

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Une jeune femme a eu les bras sectionnés au-dessus des coudes en tombant sur des rails en gare de Chambéry. Grâce à des secours efficaces et rapides, des chirurgiens du CHU de Grenoble ont pu les lui réimplanter.

C’est une opération sans précédent dans l’Hexagone. Une patiente de 30 ans s’est vue réimplanter les deux bras au CHU de Grenoble Alpes, après un accident impliquant un train. Il s’agit de «la première réimplantation réussie bilatérale et simultanée de bras en France», a annoncé le CHU.

Le 14 août à 15h30, cette jeune femme est victime d’un accident très rare. Elle tombe du quai alors qu’un train démarre en gare de Chambéry: ses deux bras sont sectionnés au-dessus du coude.

Un accident grave

«C’était accidentel. Le train partait: elle est tombée entre le quai et le wagon», relate le Dr Guillaume Pouzet, médecin au SMUR de Chambéry et qui est intervenu sur place. Il raconte: «Nous sommes arrivés très rapidement sur le lieu de l’accident. Grâce aux passants et aux agents de la SNCF, qui comprimaient les bras de la patiente pour ralentir l’hémorragie, la jeune femme était toujours consciente.  J’ai alors vérifié ses constantes vitales et j’ai garrotté les deux bras. Ensuite nous avons perfusé la patiente pour calmer la douleur.»

Si les membres n’arrivent pas dans de bonnes conditions, la réimplantation n’est pas possible techniquement

Dr Denis Corcella, chef de service de chirurgie de la main au CHU de Grenoble Alpes
Alors qu’elle est transférée au CHU de Grenoble Alpes sous escorte policière, ses deux bras sont transportés «dans deux récipients propres, sur de la glace, afin de les réfrigérer, ce qui permet une réimplantation dans les meilleures conditions possibles», a précisé, lors d’une conférence de presse donnée vendredi, le Dr Denis Corcella, chef de service de chirurgie de la main au CHU de Grenoble Alpes, qui n’a pas participé directement à l’opération. Il rappelle que «l’acte chirurgical est seulement en bout de chaîne. Donc si les membres n’arrivent pas dans de bonnes conditions, la réimplantation n’est pas possible techniquement.»

Une conférence de presse s’est tenue au CHU de Grenoble avec les docteurs Billy Chedal Bornu, Denis Corcella et Michael Bouyer, le 25 août. PHILIPPE DESMAZES/AFP
Une conférence de presse s’est tenue au CHU de Grenoble avec les docteurs Billy Chedal Bornu, Denis Corcella et Michael Bouyer, le 25 août. PHILIPPE DESMAZES/AFP

Un contre-la-montre

Le temps joue un rôle crucial dans ces situations exceptionnelles. Un trop long délai entre l’accident et la réimplantation peut entraîner des lésions irréversibles, notamment des nécroses (mort des cellules) des membres accidentés car le sang, et donc l’oxygène, n’arrive plus aux tissus. Dans le cas de l’accident de Chambéry, la jeune femme était sur la table d’opération moins de deux heures après le drame – à 17h20.

Pour cela, une bonne coordination de toute la chaîne des secours est nécessaire: «Dans tous les cas de traumatisme, il faut une parfaite communication entre le SAMU et le centre de SOS main – faisant partie d’un réseau de centres ouverts 24h/24h -, pour réduire le délai entre l’accident et la réimplantation», explique le Dr Corcella.

« Chacun travaillait sur un bras séparément. Nous avons commencé et terminé presque en même temps.»

Dr Michael Bouyer, assistant chef de clinique, chirurgie de la main au CHU de Grenoble.
Cette intervention très rare dans le monde, et unique en France s’est déroulée en double équipe, avec un chirurgien par bras. «Chacun travaillait sur un bras séparément», raconte le Dr Michael Bouyer, qui a opéré la jeune femme durant quatre heures avec le Dr Billy Chedal Bornu. «Nous avons commencé et terminé presque en même temps.»

Le Dr Corcella rappelle que, si cette opération est impressionnante, «l’exercice technique est relativement simple. Notre formation permet d’affronter et de gérer ce genre de lésion.» Contrairement à la greffed’un organe d’une autre personne, il n’y a pas de risque de rejet avec ce type de réimplantation.

Fonctionnalité des membres?

Aujourd’hui, douze jours après l’opération, la patiente «va plutôt bien. C’est un traumatisme quand même important donc elle se remet progressivement», relate le Dr Corcella. «Il n’y a pas de problème d’infection cutanée et la consolidation osseuse est en cours.»

En revanche, on ne sait pas pour le moment à quel point les bras et les mains de la jeune femme seront de nouveau fonctionnels. «Après l’opération, les nerfs sectionnés commencent à repousser dans le bras à la vitesse d’environ un millimètre par jour», explique le Dr Vincent Guigal, chirurgien de l’équipe des greffes de Lyon à la clinique du Parc et à l’hospice civile de la ville, qui n’a pas participé à l’opération. Mais la récupération est longue: «Au bout d’un an, un an et demi, nous avons à peu près une idée du résultat final.»

Le Dr Corcella est optimiste: la patiente étant relativement jeune, la récupération des nerfs des bras devrait être «correcte mais restera imparfaite».

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