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Climat : Une pétition contre l’Etat mobilise 2 millions de signataires !
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UN ARTICLE PARLANT

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Une affaire D’état :

L’État n’agit pas assez contre le réchauffement climatique ? Très bien. Alors, dans ce cas, attaquons l’État en justice ! Telle est, en somme, l’initiative folle portée par plusieurs organisations (Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France) au nom de tous les citoyens.

Certes, les pétitions en ligne sont outil de mobilisation qui peut être fugace et superficiel : un simple clic ne vaut pas nécessairement un engagement éclairé et solide. Mais le succès de « L’affaire du siècle » dit quelque chose de la prise de conscience s’installant peu à peu face à la menace climatique. Au-delà des rapports d’experts, de nouveaux événements – inondations, incendies, érosion des côtes, sécheresses… – rendent chaque année plus tangibles les risques multiples du réchauffement de l’atmosphère.

Extrait du texte de la pétition :

« Obnubilés par les enjeux du court terme, les Etats et les acteurs économiques restent sourds aux innombrables cris d’alarme des plus fragiles, des scientifiques, des associations. Alors que les investissements nécessaires pour remédier à la catastrophe devraient être financés majoritairement par les plus aisés, les classes moyennes et les plus démunis y contribuent aujourd’hui de manière indifférenciée. La lutte contre les changements climatiques ne doit pas se faire au détriment des plus fragiles. »

Nos élus n’en font pas assez et la menace d’un avenir sombre se précise chaque jour un peu plus. Mettons leur la pression, faisons appel à la justice !

Le fulgurant succès de « L’affaire du siècle » signale aussi une autre menace : celle de la fragmentation de la société, reflet des inégalités socio-économiques et des fractures territoriales. Car cette nouvelle mobilisation intervient dans la foulée de la révolte des « gilets jaunes », elle-même largement portée par les réseaux sociaux pour s’opposer à la taxation des carburants légitimée par l’impératif climatique. Cet antagonisme, au moins apparent, pose la question de savoir quelles transformations la société française est prête à assumer pour lutter contre le réchauffement.

Le plus dur est à venir

Réagissant à la mobilisation en cours, le ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, a tenté de relativiser l’effort à accomplir : à ses yeux, la France est sur la bonne voie, ses émissions françaises de gaz à effet de serre baissent depuis une trentaine d’années, et leur sursaut récent relève d’écarts conjoncturels. D’autres font valoir que les efforts à consentir en termes de lutte contre le réchauffement ne seraient pas si importants : la France est déjà, parmi les pays du Nord, l’un des plus modestes émetteurs de gaz à effet de serre, du fait de son parc nucléaire.

Ces considérations masquent en réalité une grande part du problème. D’abord, la baisse tendancielle des émissions françaises et leur valeur en apparence faible ne reflètent que ce qui est produit sur le territoire national, et non ce qui est produit ailleurs (en Chine, notamment) et consommé en France. La faiblesse des émissions françaises renvoie donc plus à la délocalisation d’une part de son industrie, qu’à la matérialisation de réels progrès. Ensuite, il est illusoire de penser que la diplomatie climatique peut fonctionner sans que chacun y prenne sa juste part. Chacun doit faire son quota d’efforts pour entraîner les autres à concéder le leur.

La promesse d’un «pacte mondial pour l’environnement»

Surtout, dès juin 2017, Emmanuel Macron, à peine élu, s’était engagé notamment devant Ban Ki-moon, l’ancien secrétaire général des Nations unies, et Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel, de porter auprès de l’ONU «un avant-projet d’un pacte mondial pour l’environnement». Les travaux préparatoires ont commencé au niveau international. Et le club des juristes qui était à l’origine de cette initiative expliquait qu’en inscrivant dans la Constitution les droits fondamentaux à l’environnement, cela permettrait aux citoyens d’engager des recours contre leur État. C’est dire que les critiques sur «L’affaire du siècle» de François de Rugy vont à l’encontre des promesses du chef de l’État au niveau international et national. Toutefois, dans l’entourage du ministre, on ajoute qu’il «se mobilise personnellement» lors «de ses déplacements à l’étranger pour promouvoir l’adoption du pacte mondial pour l’environnement pour que tous les Etats s’engagent pour le progrès écologique» et que François de Rugy «soutient depuis longtemps le renforcement des droits et des citoyens en matière d’environnement».

Est-ce que ces critiques pourraient ternir un peu plus la réputation de sauveur de la planète d’Emmanuel Macron sur la scène internationale? Dans l’entourage du ministre, on assure que si l’Etat «prend un recours, mais continue de défendre le pacte mondial pour l’environnement, cela montre que nous croyons en la démarche, même si nous pouvons un jour en être la cible!» . Il reste que le gouvernement actuel a décidé d’accroître récemment de 6% les émissions de dioxyde de carbone de la France sur la période 2019-2023, car les émissions liées aux transports et aux logements sont supérieures à ce qui avait été prévu. Cela rend critiquable la position de la France qui donne des leçons au monde entier, mais agit différemment au niveau national.

Dans l’Hexagone, contrairement aux pays anglo-saxons, il n’y a pas la culture des «class actions», ou actions de groupes qui permettent à une association ou à un groupe de citoyens de se porter partie civile contre une entreprise, une administration ou leur État. C’est la raison pour laquelle le recours de «L’affaire du siècle» est porté par quatre associations pour juger l’État pour «inaction climatique».

La réalité – attestée notamment par l’accord de Paris sur le climat de 2015 et par les engagements que 196 Etats, dont la France, y ont pris – est que les plus grands efforts à accomplir sont encore à venir.

Dans une société aussi hésitante, voire perplexe, face à la question climatique, les choix, pour tout les états, risquent de devenir extrêmement difficiles. Mais gouverner, c’est choisir et opter pour le mieux , du moins on espère … 

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